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Enfants de Palestine



par Jean Paul Achard


Hébron

Hébron

Hébron

Hébron

Hébron

Hébron

Hébron

Hébron

Hébron

Hébron

Hébron


Nous aimons la vie autant que possible

Et nous, nous aimons la vie autant que possible
Nous dansons entre deux martyrs.
Entre eux, nous érigeons pour les violettes un minaret ou des palmiers
Nous aimons la vie autant que possible
Nous volons un fil au ver à soie pour tisser notre ciel, clôturer cet exode
Nous ouvrons la porte du jardin pour que le jasmin inonde les routes comme une belle journée
Nous aimons la vie autant que possible
Là où nous résidons, nous semons des plantes luxuriantes et nous récoltons des tués
Nous soufflons dans la flûte la couleur du lointain, lointain,
                            et nous dessinons un hennissement sur la poussière du passage
Nous écrivons nos noms pierre par pierre.
Ô éclair, éclaire pour la nuit, éclaire un peu
Nous aimons la vie autant que possible

Mahmoud Darwich

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Nabi-Samuel

Nabi-Samuel

Nabi-Samuel

Nabi Samuel

Nabi Samuel


Ce village qui abrite le tombeau de Samuel compte 300 habitants (2000 en 1967). Il est situé dans une zone tampon si bien que ses habitants n'ont pas le droit d'accéder à Jérusalem toute proche, tandis que les autres habitants de Cisjordanie n'ont pas le droit de pénétrer dans ce village.
Les conditions de vie sont très dures, maisons détruites et interdiction de construire (même une cloture pour troupeau), détournement de l'eau, contrôles militaires incessants, isolement... malgré cela des familles d'agriculteurs survivent dans des abris de fortune, et le village comporte une association de femmes très active.

Pour plus d'informations voir l'article de Chiara Cruciati - pdf ci-joint->


(Cliquer sur les vignettes ci-jointes pour voir les photos en grand format)














Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse



Il y a des moments où mon outil me semble vain, comme s'il souffrait d'une incapacité à porter autre chose que la (vaine, pauvre, illusoire...) empreinte du réel. Ici, je suis souvent en colère. Et pourtant quelle belle affaire ! Mon but n'est pas de remplir le web avec des images qui montrent la violence et dans le même temps lui font une bonne publicité. Sur cette terre, on a l'impression que la fiction l'a emporté sur la réalité, chacun crée son propre film, on peut voir tous les rôles s'enchaîner en une journée ! Je dois sans cesse prendre de la distance. Les images ne peuvent rien si ce n'est peut-être continuer à porter des utopies qui me font vivre, pour faire mon propre film. C'est encore la seule chose que la photographie peut me permettre de construire au-delà des faits et des événements du quotidien.

Valérie Jouve, artiste
Journal de Palestine in “En attente“, Centre Pompidou, 2010

Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse

Naplouse
Là où le temps s’est arrêté

Ne nous dites pas qu’une année a passé
Nous ne mesurons pas nos vies d’après un calendrier
Le temps s’est arrêté pour nous il y a si longtemps
Et n’a été ponctué que de pertes et de peines
Et dans les moments de paix et de sursis
Nous ne comptons pas sur Noël ou l’Aïd pour nous réjouir
Nous ne nous illusionnons pas
de “bonne et heureuse année“
Aucune occasion n’est jamais un fait accompli

Quand il s’agit du lendemain
Il n’y a nulle certitude
Notre hier est notre aujourd’hui
Le temps est gelé ici
Et une année de calendrier
Ne pourrait contenir nos existences
Notre misère collective
Notre ardent désir d’humanité

Ne nous dites pas alors
Qu’une année a passé
Notre montre s’est arrêtée
Au moment où la justice s’est écroulée
Éclipsée par des décennies de répression

Chut !... Ne parlez pas du temps
Nous avons enduré l’absence du temps
Nous ne mesurons pas comme vous
nos vies d’après le temps
Nous les mesurons par le nombre d’étreintes
Nous mesurons notre valeur
au battement de cœur d’un amoureux
Notre existence à l’aune de notre détermination
Ne nous dites pas alors
Qu’une année a passé…


Samah Sabawi

Fassayel

Fassayel

Fassayel

Fassayel

Fassayel

Fassayel

Fassayel

Fassayel

Fassayel

Fassayel


Un petit village complètement entouré de colonies agricoles israéliennes dans la vallée du Jourdain. Accaparement des terres, détournement des ressources en eau, interdiction de construire, classement en "zone C" (c'est à dire gérée par l'armée israélienne)... Et des familles d'agriculteurs qui malgré tout résistent, survivent et reconstruisent sans cesse leurs maisons détruites, grâce, entre autres, à leur acharnement, une dynamique coopérative, une association de "Solidarité des fermiers Palestiniens de la Vallée du Jourdain" et une coopération internationale.
Le 18 août dernier l'armée israélienne a envahi ce village et détruit sept maisons, des réservoirs d'eau, des abris pour animaux, coupé l'electricité...

http://jordanvalleysolidarity.org
Voir l'article "Un jour en Palestine occupée" de Allain Graux - pdf ci-joint->















Battir

Battir

Battir

Deir Istya

Deir Istya


Quelle est la règle morale ou politique qui exige que nous abandonnions nos revendications pour notre existence nationale, notre terre, nos droits humains ? Dans quel monde ne souffre-t-on aucune discussion quand on dit à un peuple entier qu’il est juridiquement absent, même si des armées sont levées contre lui, des campagnes menées contre son nom lui-même, l’histoire modifiée pour “prouver“ sa non-existence ?

Edward Saïd - « La question de la Palestine » 1979

Bel'in

Bel'in

Bel'in

Bel'in

Bel'in
Café à Ramallah

Je n’ai pas de nom ;
Un serpent moucheté l’a avalé
Une nuit d’été

Je n’ai pas de voix ;
Elle s’est gâtée par une longue solitude
Et par la rareté des paroles.

Je n’ai pas d’amis ;
Ils ont plongé dans la blancheur de l’absence
Sans leurs manteaux et leurs pulls en laine.

Je n’ai pas la chance ;
Mon horoscope pèse
Sur moi

Je n’ai pas de mémoire ;
Je l’ai perdue
D’un coup de soleil.


Je n’ai pas de patrie ;
Un vieux général l’a avalée
Et les imprimeries ont rayé son nom de la carte.

Mon nom,
Ma voix,
Mes amis lointains,
Ma mémoire et mes miroirs
Lavés par l’ombre
Et par des images spectrales

Je peux tous les reprendre
Si je termine ce poème et quitte
Ce café maintenant ;
Avant la reprise des bombardements.


Bashir Shalash

Ramallah

Ramallah

Ramallah

Ramallah

Ramallah

Ramallah

Ramallah



J'ai pris la photo précédente alors que je me trouvais sur le trottoir d'une petite rue proche du centre de Ramallah. J'ai vu arriver à vive allure une voiture luxueuse avec une petite tête qui dépassait du toit. J'ai déclenché deux fois sans trop réfléchir à ce que cela pouvait donner. Ce n'est qu'en regardant le résultat que j'ai pensé à cette photo de Spencer Platt faite à Beyrouth après les bombardements des avions israéliens en 2006 (ci-contre en bas), sans doute parce qu'elle évoque, ici aussi, l'existence d'une bourgeoisie qui ostensiblement semble dédaigner les quartiers populaires, les conditions de vie de leurs habitants et les habitations détruites.
Au delà des vitres teintées de cette voiture de luxe et de la fillette qui joue les starlettes, on peut y voir des personnages en effacement, à l'image des deux générations auxquelles on peut les rattacher, celle des années intifada et celle plus en fond de la guerre et de l'occupation de 1967.

Hôtels de luxe, soirées branchées, dans aucune autre ville de Palestine je n'ai ressenti à ce point un aussi grand écart entre les classes sociales.
A Ramallah, les classes moyennes sont aussi fortement présentes : fonctionnaires de l’administration palestinienne mais aussi des Nations Unies, coopérants d'organisations internationales, d'ONG, des missions diplomatiques et culturelles de dizaines de pays... Des milliers de personnes donc, avec un niveau de revenu relativement confortable et des modes de vie fortement marqués par la culture occidentale.






Camp de Aïda

Camp de Aïda

Camp de Aïda

Camp de Aïda

Camp de Aïda

Camp de Aïda

Camp de Aïda

Maintenant
A propos de mes amis morts,
Il n’y a plus de problème
Sauf lorsque je croise leurs parents
Soudain
Et que je suis encore en vie !

Nasser Rabah
("Handala" personnage crée par le dessinateur palestinien Naji al-Ali, ici sur le mur qui sépare le camp de Aïda)

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Centre culturel Alrowwad - Camp de Aïda

Alrowwad

Alrowwad


Un centre culturel au cœur du camp de Aïda au nord de Bethléem

"J’ai commencé avec le théâtre, parce que pour moi le théâtre est un des moyens les plus beaux, civilisés, profonds et non-violents pour s’exprimer, pour raconter son histoire, sa version de son histoire sans hypocrisie et sans complicité avec l’injustice, sans essayer de plaire aux autres et de leur dire ce qu’ils cherchent à entendre mais vraiment ce qu’on a sur le cœur, afin de trouver la paix en soi avant de parler de la paix avec les autres. J’ai appelé cela « Belle Résistance » contre la laideur de l’occupation et sa violence." (Abdelfattah Abusrour, fondateur et directeur du centre)

Histoire d'une belle résistance, le texte complet - pdf ci-joint->
Le site des amis d'Alrowwad













Toutes les photos présentées ici ont été réalisées en Cisjordanie en mai-juin 2015 par moi-même (à l'exception de celle de Spencer Platt à Beyrouth).
La fillette qui ouvre cette série a fait ce geste spontanément (de définir un cadre), en me voyant déambuler avec mon appareil dans les rues de Naplouse et en se plantant devant moi pour que je la prenne en photo. Son sourire et son expression témoignent de la gentillesse et de la bienveillance que j'ai pu rencontrer chez tous ces enfants qui demandent à vivre comme tous les autres enfants du monde en dehors de l'angoisse, des persécutions qu'ils subissent et des arrestations arbitraires de leurs proches.
Poèmes et textes : Mahmoud Darwich, Valérie Jouve, Samah Sabawi, Edward Saïd, Bashir Shalash, Abdelfattah Abusrour.
© Jean Paul Achard - Enfants de Palestine - Août 2015